Biographie


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MOUSQUETAIRE #2
SORTIE le 25.01.2018

Romain Humeau est né électron libre, jour de fête.
Chanteur, auteur, compositeur, multi-instrumentiste, arrangeur,  réalisateur, un nouvel album constamment sur le feu, il n’arrête jamais…. Manière de vivre.
Il sait aussi que la route a été et sera parsemée de succès ou d’échecs, selon… Ça lui va.
L’essentiel pour lui, résidant ailleurs: dans ce qui est à faire.Regarder devant à coup de boussole sonique.
Humeau, c’est du hors pistes. Du hors temps.
Affranchi tant artistiquement que dans le mode opératoire, n’ayant que faire des modes et de l’entertainment, il cherche. Rôle qu’il s’est donné le temps d’une première chanson à l’âge de onze ans et dont les mises en scène ne cessent dès lors de gagner sens et épaisseur.
Comme le chante son ami Bernard Lavilliers, pour lequel il a réalisé plusieurs albums et co-écrit plusieurs chansons (1), Romain « ne se situe pas ». Il s’oriente. Prend plaisir. Il s’exige. Tout comme il considère que son public est un semblable à caresser du bout des sons et surtout pas une cible.Tout comme il est persuadé qu’Eiffel, son groupe de toujours, n’est pas une marque et devra se réinventer pour se donner le droit d’exister.
Fils d’un facteur de clavecins et d’une flûtiste/décoratrice, il acquiert très vite une culture éclectique, madrigaux de Gesualdo, Monteverdi, Bach, Louis Armstrong, Beatles, Buzzcocks, Brel, Higelin, Cure, Depêche Mode, Kinks, Coltrane, Monk, Damon Albarn, Bowie, Pixies, Brian Wilson…
Il apprend le violon à six ans, la guitare puis la batterie, forme à treize ans son premier group (Peanuts) avec son ami d’enfance Philippe Uminski.
Puis au conservatoire de Toulouse, il étudie harmonie-contrepoint, composition, batterie, guitare, percussions, classes de jazz, histoire de l’art tout en écrivant ses chansons et montant divers groupes de rock avec lesquels il arpente clubs, bars de la ville rose et alentours.
Quand il gagne Paris en 1995 et forme Oobik & the Pucks avec Estelle (sa compagne) et le batteur Nicolas Courret, la première mouture du futur Eiffel est posée.
Eiffel, naissant des cendres d’Oobik, écrit depuis l’histoire d’un groupe qui de par sa structure et l’entente de ses quatre membres (Nicolas Bonnière les rejoint en 2008), semble fait pour durer, contre vents et marées, sans forcer, quand l’envie est là…. Et elle y est.
Mais Romain a toujours eu la franchise de dire qu’il n’écrivait ni pour Eiffel, ni pour lui même ni pour quelque projet concret que ce soit: il écrit.
Régulièrement. Qu’une chanson puisse en nourrir une autre. Jeter, garder, peu importe: chercher toujours. À l’instar de certains de ses pairs, il a la sensation qu’une chanson existe déjà dans l’air.
Papillon dont il aurait en charge la révélation.
Manière de vivre avec lui même, pour et avec les autres.
Inutile de lui demander « pourquoi Eiffel? » Ou pire, « pourquoi Romain Humeau? ». Il vous répondra: « à cause des mouches ».
Son originalité (attirant fans Ahuris, repoussant détracteurs), pourrait en partie se nicher dans une différence de langage harmonique: emprunt quasi systématique au polymodal sans occuper le premier plan, comme une bizarrerie, un trompe oreille ; ainsi qu’à une tension punk subliminale quelle que soit la direction musicale empruntée.
Tendu, oui, et suivant l’adage de Cocteau, c’est un défaut qu’il cultive.
Loin des travers virilo-heavy qu’il abhorre, ses héros de toujours étant Bowie, Albarn, Lennon/Mc Cartney, Franck Black et Brel, il cherche du côté féminin, une forme d’érotisme et transgenre sonore.
Un absolu, multi-dimensionnel et inaccessible. L’anti sédentarité musicale, le contre hook.
Prévert, Céline, Burrough, Yourcenar, Vian, Calaferte ou Teulé entre autres comme autant d’univers croisés. Quand ses chansons se meuvent en Eiffel, elles passent par le prisme de Nicolas Courret, Nicolas Bonnière et Estelle Humeau.
La matière première reste quasiment immuable, travaillée en éclatements pour un final centré.
En revanche, pour ses albums solo, il ne se fixe aucune limite d’utilisation instrumentale, une autre forme d’aventure…
Prenez Mousquetaire#1 (Marjane, Something I can’t Touch, No one wins, Paris, Politkovskaïa) et « Vendredi ou les limbes du Pacifique », son adaptation musicale du roman de Michel Tournier (2), il prétend n’avoir rien fait et que tout est à venir.
Quand on aborde sa discographie, de l’album d’Oobik aux six d’Eiffel en passant par ses quatre albums solo, sans parler de ses multiples collaborations (3), il préfère causer d’un nouveau groupe à monter, du prochain Eiffel ou prochain solo, d’un recueil de poésies (« À tombeau ouvert ») ou d’un projet fou-rêvé avec son ami réalisateur Alexandre Plank (4).
De plus en plus à l’étroit dans les couloirs du business musical, il décide de monter un label avec Guillaume Sciota, son manager, et Estelle Humeau: Seed Bombs Music. Il s’y arrime en équipe.
Sainement et dans l’anti cynisme. Prise de risque optimum, il le sait, mais nécessaire pour que tous ses projets, dont Eiffel voient le jour. L’acte de naissance du label Seed Bombs Music est à ce titre explicite,: « permettre de sortir les disques pensés et désirés aux moments désirés en sortant des sentiers et plannings conventionnels, ainsi que des vieux principes offre-demande, création d’attente ».
Aussi heureux d’être dans son studio (Studio des Romanos) que sur scène (près de 700 concerts à son actif), en solo, avec Eiffel ou d’autres, il entrevoit le positif généré par la descente aux enfers de l’industrie du disque. Chemins et manières étant à réinventer.
 

MOUSQUETAIRE#2
L’idée « Mousquetaire » en deux volets n’étant pas de lui mais de son ancienne maison de disque (30 chansons devaient initialement sortir en même temps), il transforme Mousquetaire#2 en une suite plus acérée que prévue.
Plus dure et Hip Hop: « Chercher », « Nyppon Cheese Cake » en gardant ses élans Petit Prince: « Quixote », « Loveless », « Tram Track to the blue ».
Il se permet aussi ce dont il rêvait: écrire une Bamba (« Trop nul pour mourir ») et quelques brûlots punks Outkastiens (« Rob the robbers », « Tabloïds »).
La contrainte ayant façonné d’autres envies, il livre un deuxième volet foutraque, encore plus décomplexé et libre que le précédent.
Tout auditeur un peu sportif s’apercevra qu’ étonnamment, tout convole en parfaite homogénéité. « In oleo Balneat ».
Un de ses maîtres mots étant de ne pas « se ressembler »….. Bien sûr, il y a la voix d’Eiffel, mais l’aventure proposée ne serait-ce que vocale est multiple: voix de tête, féminine ou enfantine, cassée et grave, claire et puissante, fragile et haletante… c’est selon. On est au cinéma.
Il y a comme du Walt Disney dans ce Mousquetaire#2….
D’un circacien « Do the math » (…Et je traîne mon fantôme…) écrit au matin des attentats contre « Charlie Hebdo », aux panics attack de « Nyppon Cheese Cake » (…si peu de vie pour tant de mort…), on circule d’écriture glacée et journalistique en tendresse-fleur bleue d’un Quixote héroïque (… j’allais où tu allais faire tes contes d’enfants…).
De l’acerbe « Tabloïds » (… le monde te sniffe comme cocaïne…) aux nuits dépravées « Naked lunch » (…autant en enfer, aller plus loin que le dessert…), on sent le besoin de se faire peur, de jouer dans le noir pour conjurer choses vécues, en revenant toujours à un bouton d’or: le Mitsoukien « Smartly Stupid » (… J’fais des nus artistiques avec Mona Lison…).
Comme si dans ses chansons, un rire enfantin et déluré (quelque peu sarcastique tout de même….) faisait constamment face à un monde d’ennui numérique et normalisé. La guerre des boutons 2017.
Luciole contre clic.
Là où certains sourds n’avaient entendu en Eiffel ou Romain qu’un nième rock français engagé et criard, la forte distanciation fond/forme dans l’écriture de Mousquetaire#2 devrait, si besoin est, remettre les mots à leur place.
Jeu d’acteur: Romain méchant, amoureux, salopard, benêt, truand, winner, mal aimé, femme, homme, transexuel (« Tryin’ to be a girl) etc…
De Pasolini à Quick et Fluke.
Se permettant de brouiller les pistes en duo avec le rappeur bILLY bOY sur la moquerie « Rock the rockers » (sous perf Cibbo Matto/Gorillaz). Chanson dont le titre évoque à lui seul 70 années de trémoussement jerk , de « Rock your body » « Rock your baby » à « Rock the Casbah », « Rock the house » pour un retour à l’envoyeur: se gausser de lui même, rocker qu’il ne prétend pas être. On goûtera ici au flow de l’excellent bILLY bOY.
Et puis il y a « Chercher ». Texte fleuve. Beaucoup moins cryptique qu’une première écoute pourrait le laisser croire: un manifeste comme Romain peut en écrire (« Je m’obstine » d’Eiffel au récit musical d’un autre genre). La vieille question du sens (ou non sens) de la présence humaine dans l’univers….
On convoque l’influence Ferré (« Le conditionnel de variété », « Le chien »), une envie d’ouvrir grand les portes harmoniques et poétiques, de se « dépasser » (« S’enflammer » 2006). On pense aussi au « Locataire » de Polanski, film construit en ouvert-fermé comme la chanson « Chercher ». Où l’on croit avoir quitté la pièce pour d’autres galaxies, quand en toute fin, on se surprend à reconnaître le point initial. Et plus infime encore: « J’ai cherché…. dans les siècles-guerre où la mélodie de ce flot d’éternité tout petit que voilà. »
Poupées Russes, constructions d’Escher et nouvelles extraordinaires….
Avec « Mousquetaire#2 », peut-être est-ce à son insu mais de manière définitive que Romain Humeau s’affiche comme « artiste à prendre ou à laisser ».
Certains laisserons. Ceux qui prendront pourraient bien s’en amouracher à vie
Ça lui va toujours.

 

Romain Humeau
Né le 10/04/71 à Aix en provence
Vit dans le lot et garonne (Nérac) à partir de 1977
Étudie au Conservatoire de Toulouse de 1989 à 1994
Vit à Paris de 1994 à 2002
Vit actuellement à Bordeaux

2001: EIFFEL /Abricotine
2002: EIFFEL/ Le 1/4 d’heure des Ahuris
2004: EIFFEL/ Les yeux fermés
2005: ROMAIN HUMEAU/ L’éternité de l’instant
2007: EIFFEL/Tandoori
2009: EIFFEL/ À tout moment
2012: EIFFEL/ Foule Monstre
2015 (2): ROMAIN HUMEAU/ Vendredi ou les limbes du pacifique
2016: ROMAIN HUMEAU/ Mousquetaire#1
2018: ROMAIN HUMEAU/ Mousquetaire#2
2018: EIFFEL/ Album à venir

COLLABORATIONS (3):
– Bernard Lavilliers (1):
2017: Réalisation de 4 chansons de l’album à venir « Cinq minutes au Paradis ». Co écriture musique de « Croisière Méditerranéenne »
2014: Réalisation de 7 titres de l’album « Baron Samedi ». Ecriture musique de « Vague à l’âme » et « Jack ». Co écriture musique de « Tête chargée » et « Scorpion ».
2015: Réalisation de l’album « Acoustique »
– Alexandre Plank (4) : (Réalisateur radio, traducteur et metteur en scène) propose à Romain en 2014 d’écrire une adaptation musicale de l’oeuvre littéraire de son choix.
Romain choisit « Vendredi ou les limbes du pacifique » de Michel Tournier. Alexandre et Romain se lient d’amitié et imagineront d’autres projets. Dont celui d’une version anglaise et allemande… À suivre…
– (2) Ecriture et réalisation de l’adaptation musicale de « Vendredi ou les limbes du pacifique » dont Denis Lavant est le narrateur (Disque et représentations publiques, Festival d’Avignon, Maison de la poésie…) (2015)
– Arrangements cordes de « L’oraison » des Têtes raides (2005)
– Arrangements cordes de « Des visages des figures » de Noir désir (2001)
– Arrangements cordes de « Son absence » et « Tout va mieux partout » de Lady Sir (Gaetan Roussel et Rachida Brakni) (2017)
– Arrangements cordes de toutes ses réalisations pour Bernard Lavilliers (2014/2015/2017)
– Duo avec Phoebe Kildeer sur « Chaos of myself » d’Eiffel (2012)
– Duo avec Bertrand Cantat sur « A tout moment la rue » (2009) et « Lust for Power » d’Eiffel (2012)
– Duo avec les Hurlements d’léo sur « Le limon » de Mano Solo (2016)
– Remix des « Enfants du Pyrée » pour Dominique A (2001)
– Remix de « Love what you do » pour Divine Comedy (2001)
– Ecriture de « Souvenirs de régiment » pour la pièce de Damien Pouvreau « 2710 jours de ma jeunesse » (2015)
– Participe à l’enregistrement ainsi qu’à l’écriture de certaines chansons de « Présence Humaine » de Michel Houelbecq. (2000)
– Arrangements cordes du projets « 1,2,3 Soleils » (Khaled, Rachid Taha, Faudel) (1998)
– À la demande de Didier Varrod (Radio France), arrangements et direction musicale de la soirée 100 ans de Léo Ferré avec Catherine Ringer, Bernard Lavilliers, Cyril Mokaiesh, Arno, Katerine, Tim Dup, Maissiat….etc…) (2016)

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